Accidents de la route dans les Bouches-du-Rhône : 5 pièges à éviter pour mieux réagir
Erreur classique : Se précipiter sur le lieu de l’accident sans regarder autour de soi.
Remontez le fil d’une journée type en caserne : ici, dans les Bouches-du-Rhône comme partout en France, la majorité des interventions concerne… le secours aux personnes. Sur les 5 135 000 interventions recensées par les sapeurs-pompiers français en 2022 (SSIAP), plus de 80 % relèvent de cette mission. Le feu représente moins de 8 % des missions désormais. Le cliché du pompier combattant les flammes existe encore, mais, sur le terrain, l’urgence, c’est d’abord celle des vies humaines.
À Arles, Aubagne ou Aix-en-Provence, les appels affluent : malaise dans la rue, chute à domicile, accident sur l’autoroute, crise cardiaque au marché. Parfois pour une grosse frayeur sans gravité, souvent pour des situations dramatiques où chaque minute compte. Le 18 et le 112, numéros bien connus, sonnent jour et nuit pour des détresses vitales, des personnes âgées isolées, ou encore ce bébé qui ne respire plus…
L’une des premières difficultés réside dans la compréhension de ce qu’est une “vraie” urgence. Ce n’est pas simple, et nous l’avons constaté cent fois en service. Pour orienter vos appels, voici quelques exemples de situations justifiant, sans hésiter, l’appel des pompiers :
En revanche, pour une simple fièvre chez l’enfant ou une petite blessure, privilégiez d’abord une consultation médicale ou la régulation par le 15 (Samu). Près de 15 % des interventions en France sont dues à des appels considérés a posteriori comme “peu ou pas urgents” (source : La Gazette des Communes). Cela mobilise inutilement les secours.
Il est 2h38 cette nuit-là, la sonnerie retentit dans la caserne de Salon-de-Provence. L’opérateur transmet : “Chute d’une personne âgée, probable fracture, inconsciente”. À bord du VSAV (Véhicule de Secours et d’Assistance aux Victimes), trois sapeurs-pompiers partent dans la nuit. À leur arrivée, une voisine affolée essaie de guider l’équipe. À l’intérieur de l’appartement, l’odeur âcre du sang, la victime est allongée sur le sol, respiration rapide, pouls faible, jambe déformée.
Ce soir-là, la rapidité de la chaîne a permis de sauver une femme victime d’un important traumatisme. Pour ces situations, chaque minute perdue peut être capitale.
Tous les sapeurs-pompiers, qu’ils soient volontaires ou professionnels, sont formés au secours à personne. La base : le PSE1 et PSE2 (Premiers Secours en Équipe de niveau 1 et 2), des formations exigeantes, qui vont bien au-delà du PSC1 passé au collège. Là, on apprend à gérer l’urgence, à poser un collier cervical, à désobstruer les voies aériennes, à utiliser le défibrillateur, à administrer de l’oxygène, etc.
Chaque année, des sessions de recyclage sont obligatoires : manœuvres en condition réelle dans des maisons de formation, drills sur mannequins intelligents, exercices conjoints avec le Samu et même, parfois, des cas concrets simulés dans des trains, des écoles, des Ehpad. Car la vraie vie oblige à s’adapter constamment, surtout devant des accidents impliquant plusieurs victimes.
Le secours à personne ne s’opère jamais en vase clos. Voici comment s’articulent les responsabilités :
La Provence est un bon exemple : sur les feux de forêt ou encore les accidents de grande ampleur sur l’autoroute du Soleil, la synergie “pompiers-Samu-police municipale” est essentielle. Cela nécessite une communication irréprochable et des exercices interservices réguliers.
Pour allez plus loin sur ce sujet : Fédération nationale des sapeurs-pompiers (source présentation du secours en France)
Le secours à personne, ce n’est pas que l’efficacité technique. Sur des centaines de cas, nous nous sommes souvent retrouvés à rassurer un enfant blessé dans les bras de sa mère, ou à apporter une présence silencieuse dans un appartement où régnait la solitude. Un regard, des mots simples, la capacité d’écouter la détresse… Autant d’aspects invisibles mais essentiels.
La gestion du stress de la famille, le respect de l’intimité – même en situation d’extrême urgence –, la communication empathique avec une victime âgée : tout cela s’apprend, mais aussi se ressent. Certains appellent cela le “toucher humain” du pompier.
Un secours efficace commence souvent bien avant l’arrivée des secours :
| Indicateur | France (2022) | Bouches-du-Rhône (2022) |
|---|---|---|
| Interventions “Secours à victime” | 4,2 M (source SDIS/SSIAP) | Env. 110 000 |
| Part du secours/victime dans les missions | ~80% | ~77% |
| Taux d’augmentation (5 ans) | +13% | +17% |
| Délais moyens d’intervention (urbain) | 10 min | 8,5 min |
Sources : Ministère de l’Intérieur, SDIS 13
Au cœur de la mission des sapeurs-pompiers sur le secours aux personnes, c’est avant tout la volonté de sauver, d’aider, d’apaiser. Ces interventions n’ont rien d’anodin : elles modèlent les pompiers d’aujourd’hui, révèlent les fragilités d’un territoire, montrent l’importance de la prévention et de la solidarité entre voisins, habitants, citoyens.
À chaque appel, un défi est lancé – parfois vital, parfois social, parfois humain, toujours urgent. Comprendre leur rôle et leur quotidien, c’est aussi comprendre que le secours commence chez chacun d’entre nous, par la connaissance et la bienveillance.
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