Accidents de la route dans les Bouches-du-Rhône : 5 pièges à éviter pour mieux réagir

Gestes qui sauvent et prévention des risques dans les Bouches-du-Rhône

1. Négliger sa propre sécurité : l’effet “tête baissée”

Erreur classique : Se précipiter sur le lieu de l’accident sans regarder autour de soi.

Sur l’A7, un matin de brouillard, une automobiliste s’arrête pour porter secours à un motard au sol. Elle sort de sa voiture, accourt… et manque de se faire percuter par un poids lourd. Ce n’est pas un cas isolé. Les chiffres nationaux du Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure (SSMSI) rappellent qu’en 2022, près de 40 piétons intervenant sur la chaussée sont blessés ou tués chaque mois.

Retour de terrain

"Personne ne pensait à la circulation. Deux personnes ont fini par se retrouver blessées, heurtées par une voiture arrivée trop vite." (Témoignage anonyme, pompier du Centre de secours de Vitrolles).

2. Vouloir déplacer les blessés à tout prix

Erreur fréquente : Retirer un blessé de son véhicule alors qu’aucun danger immédiat ne le justifie.

Le réflexe est humain : aider la personne à s’extraire, la mettre au chaud ou à l’abri. Pourtant, c’est souvent le geste de trop.

Cas concret

Sur la route d’Arles à Saint-Martin-de-Crau, un automobiliste sort de sa voiture et tente d’extraire son passager. Résultat : la victime, initialement consciente, termine avec une paralysie partielle à cause d’une section vertébrale déplacée.

3. Donner de mauvaises informations aux secours

Erreur récurrente : Appeler les pompiers ou le SAMU avec des informations imprécises, voire erronées, parfois dans la panique.

Situation Problème Conséquence
Localisation vague (“à l’entrée du village”, “près du rond-point”) Itinéraire mal identifié Intervention retardée, circuit secondaire saturé
Nombre de blessés sous-estimé ou surévalué Moyens inadaptés envoyés Besoin d’un appel complémentaire ou d’un renfort en urgence
Description absente (“Il y a beaucoup de sang !”, pas de description précise) Répartition des secours contrariée Biais de priorisation, perte de temps

Sur le terrain

“Trop souvent, on arrive avec un renfort médical lourd pour des égratignures… ou l’inverse : trois blessés graves pour une signalisation ‘rien de méchant’. Chaque minute compte, chaque mot aussi.” (officier CTA-CODIS SDIS 13).

4. Bloquer totalement la circulation sans nécessité

Erreur courante : Se regrouper autour des véhicules accidentés, stationner en double file ou tout bonnement bloquer l’accès aux secours.

Dans les Bouches-du-Rhône, où certaines départementales sont étroites et les nationales rapidement saturées l’été, c’est une source majeure de confusion et de risques aggravés.

Exemple concret

Accident sur la RD113 à Marignane, hiver 2023 : deux minutes de retard pour les pompiers bloqués par une file de curieux… Le bilan aurait pu tourner au drame si un blessé n’avait pas été rapidement dégagé par un accès latéral.

5. Diffuser des images ou informations sur les réseaux sociaux

Erreur en progression : Filmer, photographier ou poster sur les réseaux un accident, parfois même avant l’arrivée des secours.

C’est un réflexe de certains témoins, qui pensent parfois “informer” ou “prévenir le trafic”. Mais dans le département 13, comme ailleurs, ces gestes nuisent à la discrétion des opérations, exposent les victimes à des regards indiscrets et peuvent propager des rumeurs ou inquiétudes inutiles.

Témoignage

“On a retrouvé la première image de l’accident – prise par un scooteriste – sur Twitter, 5 minutes avant notre arrivée. Les familles ont reçu l’alerte avant la police… On doit faire de la pédagogie à chaque intervention.” (chauffeur VSAV, secteur Marseille Est).

Bonus : Que faire concrètement après un accident ? Le guide “3 réflexes”

La réalité du terrain, c’est que l’accident ne se joue pas seulement à la minute du choc, mais dans les gestes qui suivent, parfois banals, souvent décisifs. Adopter les bons réflexes protège les blessés, les secours… et vous-même. Dans les Bouches-du-Rhône, où la densité de circulation et la météo méditerranéenne réservent quotidiennement leur lot de surprises, cette vigilance locale est une arme citoyenne.

Prévention, anticipation, respect des consignes : voilà les clés pour transformer une mauvaise passe en réussite collective. Et si vous souhaitez aller plus loin, formez-vous aux premiers secours : une journée dans une caserne peut tout changer (et sauver beaucoup).

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