Accidents de la route dans les Bouches-du-Rhône : 5 pièges à éviter pour mieux réagir
Erreur classique : Se précipiter sur le lieu de l’accident sans regarder autour de soi.
Un matin de juillet, tout près d’Aix-en-Provence. L’air est déjà sec à 8 heures. Un appel arrive : « Ça brûle derrière chez nous, le pin s’est embrasé ! ». Au bout du fil, la panique. Sur place, la même histoire qu’on répète saison après saison : une haie jamais taillée, un terrain envahi de broussailles. Le feu court, saute d’une propriété à l’autre. On serpente entre des clôtures sauvages, on tape à des portes. Parfois, il est trop tard : le brasier n’a laissé que des traces noires sur ce qui, la veille encore, était un confortable jardin.
Ce genre de scène, tous les pompiers de Provence le connaissent. Pourtant, les moyens de prévenir cette calamité sont connus eux-aussi, résumés en un mot-clé administrativement banal… mais essentiel : débroussaillage obligatoire, ou DFCI (Défense des Forêts Contre l’Incendie).
La loi impose, dans les zones particulièrement exposées au risque incendie comme les Bouches-du-Rhône (le « 13 », pour les intimes), à chaque propriétaire de terrain de débroussailler sur 50 mètres autour des habitations, 10 mètres de part et d’autre des chemins privés, et ce, quelle que soit la superficie du terrain. Source : Préfecture des Bouches-du-Rhône.
Aucune commune n’est épargnée, du bord de mer aux villages perchés du Luberon. Chaque maire reçoit la liste des parcelles concernées. Chaque printemps, des courriers rappellent les obligations. Mais « l’habitude » et la méconnaissance laissent parfois la place à la négligence.
Le débroussaillage est une obligation inscrite dans le Code forestier (articles L.131-10 et suivants). Dans les Bouches-du-Rhône, un arrêté préfectoral applicable à 119 communes précise la carte des zones à risque. Les contrevenants s’exposent alors à plusieurs types de sanctions.
| Nature du risque | Montant et conséquences | Référence |
|---|---|---|
| Infractions administratives | Amende forfaitaire jusqu’à 1 500 € par an non débroussaillé | Article L. 135-2 du Code forestier |
| Infractions pénales | Jusqu’à 30 € par m² non débroussaillé | Article R. 163-2 du Code forestier |
| Procédure d’office par la mairie | Exécution d’office aux frais du propriétaire + amende | Arrêté préfectoral |
| Conséquences en cas d’incendie | Responsabilité civile voire pénale, non-indemnisation par l’assurance | Tribunal administratif, assurances |
Au printemps 2022, la commune de Carnoux-en-Provence est prise pour exemple : sur 300 parcelles contrôlées, un tiers n’est pas en conformité. Après mise en demeure, la mairie fait procéder elle-même au débroussaillage… et envoie la facture aux propriétaires : 35€/heure, ajoutée à une amende salée (source : La Provence).
Les témoignages de soldats du feu sont unanimes : « Les maisons où le débroussaillage a été fait sont quasiment toujours sauvées. Là où c’est laissé à l’abandon, on lutte à perte. Parfois, pendant l’attaque d’un feu, le risque est tel qu’on doit se résoudre à ne pas défendre la propriété faute de zone sécurisée. »
« Août 2021, colline de Cadolive : feu parti d’un mégot jeté en lisière de forêt. Devant nous, une maison isolée, envahie par les arbustes, sans coupe-feu visible. D’abord, on tente de circonscrire autour, mais on doit se replier, la végétation dense booste les flammes. A la visite post-incendie, impossible de défendre, même avec nos plus gros moyens. L’habitation est partiellement détruite, assurance en difficulté face à l’absence de respect des obligations légales. »
Beaucoup l’ignorent, mais la plupart des contrats « multirisque habitation » précisent (en annexe !) que le non-respect des obligations légales, dont le débroussaillage localisé, peut entraîner une exclusion de l’indemnisation. Cela signifie que, même sinistré, le propriétaire pourra être totalement privé d’aide financière… alors même qu’il aura à reconstruire ou réparer.
Le débroussaillage n’est pas un caprice administratif : il fait toute la différence, pour sa maison, pour ses voisins, et pour ceux qui risquent leur vie à défendre nos territoires. Dans les Bouches-du-Rhône, la vigilance individuelle a une portée collective, presque citoyenne. Prendre 2 jours pour débroussailler, c’est offrir à sa propriété dix chances supplémentaires d’être épargnée. Et, comme le rappellent ceux qui sont en première ligne : « On ne sauve jamais aussi bien que là où la prévention a déjà fait son œuvre ».
Sources principales : Préfecture des Bouches-du-Rhône, SDIS13, La Provence, Code forestier, arrêtés préfectoraux, Fédération Française de l’Assurance.
Copyright © udsp13.fr. À propos