Sur le terrain : récit d’une alerte à l’ammoniac
Il est un peu plus de 4 h du matin. Un employé d’une usine agroalimentaire du Pays d’Aix remarque une légère odeur forte dans un local technique. Il compose le numéro du standard, qui alerte les pompiers. Sur place, l’équipe du RCH est déployée – deux véhicules spécialisés, cinq pompiers dont un chef d’agrès aguerri, tous équipés de masques à adduction d’air comprimé.
Brève réunion avec le responsable d’usine : une fuite d’ammoniac probable, substance utilisée pour le froid industriel. Les pompiers isolent la zone, préviennent la préfecture, demandent un relevé météo à Météo France (le vent peut emporter le nuage toxique à plusieurs centaines de mètres). Trois d’entre eux s’approchent en combinaison Tychem, instruments de mesure à la main. À l’intérieur, la concentration est bien supérieure au seuil dangereux. Ils réussissent à fermer manuellement la vanne. Seule une légère intoxication chez un salarié, pris en charge puis orienté vers l’hôpital.
Bilan de l’intervention : plus de peur que de mal, mais un diagnostic partagé – la formation des opérateurs et la vigilance ont évité l’accident majeur. Sans cela, une explosion ou une contamination aurait pu toucher tout le quartier. Cette scène, bien réelle, illustre la face souvent méconnue du métier de pompier.