Multiprises et rallonges : réduire les risques d’incendie chez soi, retour du terrain et bonnes pratiques pour les Bouches-du-Rhône

31 janvier 2026

Dans les appartements des Bouches-du-Rhône, le risque d’incendie domestique d’origine électrique demeure pourtant bien réel, notamment en raison de l’usage fréquent de multiprises et de rallonges. Une vigilance accrue et quelques gestes de prévention permettent pourtant de réduire considérablement ces risques. Voici les principaux points à comprendre pour protéger efficacement votre logement :
  • Les incendies domestiques impliquant multiprises et rallonges représentent une fraction notable des interventions des sapeurs-pompiers.
  • Surcharges, matériel défectueux et mauvaise utilisation sont les causes majeures de ces départs de feu.
  • Adopter des gestes simples (ne jamais brancher multiprise sur multiprise, contrôler l’état des équipements, privilégier la qualité certifiée…) réduit le danger.
  • Des chiffres récents illustrent ce phénomène, et des témoignages locaux rappellent l’importance de la prévention.
  • La réglementation et les recommandations professionnelles donnent un cadre clair pour sécuriser son appartement.

État des lieux : incendies domestiques électriques dans les Bouches-du-Rhône

En France, selon l’Observatoire national de la sécurité électrique (ONSE), un incendie domestique sur quatre a une origine électrique. Dans le département 13, le chiffre monte jusqu’à près de 30 % des interventions pour feux d’habitation, relève le SDIS 13 dans son rapport 2023 (SDIS 13). Les multiprises et rallonges figurent fréquemment dans ces sinistres.

  • 2 000 interventions annuelles du SDIS 13 en lien avec des débuts de feux électriques (source : rapport d’activité SDIS 13).
  • 4 interventions sur 10 impliquant multiprises, rallonges, ou appareils électroménagers branchés sur des installations inadaptées (source : témoignage pompier en activité, anonymisé).

La majorité de ces incendies démarre dans des logements occupés au quotidien, souvent sur des installations électriques anciennes, où l’on cherche à multiplier les branchements faute de prises modernes. L’été, avec l’utilisation accrue de ventilateurs et de climatiseurs d’appoint, la pression sur les circuits électriques augmente.

Le point de vue du terrain : témoignage de pompier et cas emblématique à Marseille

« L’an dernier, un soir de canicule, nous sommes intervenus dans un appartement marseillais, quartier Baille : à l’origine, un four à micro-ondes branché sur une multiprise, elle-même branchée sur une rallonge qui traversait la chambre pour alimenter aussi une clim’ portative. L’ensemble a fini par chauffer, la gaine plastique s’est consumée en pleine nuit, dégageant une fumée toxique. Heureusement, la locataire était réveillée. » (témoignage anonymisé, équipe d’intervention SDIS 13).

Ce scénario est malheureusement récurrent : l’imbrication des multiprises, la surcharge, la prolongation de l’usage d’une rallonge en guise d’installation permanente… La plupart des victimes minimisent le danger, pensant que « ça tient »… Jusqu’à ce que la chaleur s’accumule, que le court-circuit survienne, ou qu’une étincelle déclenche l’irréparable.

Distinguer le bon usage du mauvais : schéma simple de prévention

Multiprises et rallonges : de l’outil de dépannage au talon d’Achille des logements modernes.

  • Une multiprise n’est pas faite pour accueillir tous les appareils de la maison !
  • Jamais de multiprise branchée sur une autre multiprise (« cascade ») : cela double le courant à supporter et multiplie le risque de surchauffe.
  • Ne jamais laisser une rallonge déroulée sous un tapis, un meuble, ou dans un coin à l’abri de l’air : la chaleur s’accumule, les risques aussi.
  • Privilégier les multiprises avec interrupteur, protection contre la surtension et norme NF ou CE.
  • Vérifier régulièrement l’état du fil et des prises : si la gaine est craquelée, que la prise chauffe ou que le plastique jaunit, c’est un signal d’alerte.

Selon le rapport annuel de l’ONSE : Dans 60 % des cas de départs de feu provoqués par une multiprise, des signes avant-coureurs étaient visibles (chaleur anormale, odeur plastique, disjonctions répétées).

Petit guide d’auto-contrôle dans votre appartement du 13

Équipement Bons réflexes Risques si négligé Signes d’alerte
Multiprise
  • Marque connue, norme NF ou CE
  • Pas de surcharge : maximum 3 appareils, puissance totale respectée
  • Pas de branchement sur une autre multiprise
  • Débrancher la nuit ou lors d’une longue absence
  • Surchauffe
  • Début d’incendie
  • Court-circuit
  • Chauffe au toucher
  • Odeur de plastique
  • Disjonctions répétées
Rallonge
  • Non prolongée sous moquette ou tapis
  • Toujours entièrement déroulée pour usage intensif
  • Contrôle visuel mensuel de la gaine
  • Utilisation ponctuelle, jamais permanente
  • Échauffement invisible
  • Vieillissement accéléré du câble
  • Fissures, gaine abîmée
  • Marques de brûlure
  • Câble qui « croque » sous les doigts

Ce que dit la réglementation et ce que recommandent les pompiers

La norme NFC 15-100 encadre l’installation électrique des habitations en France : toute prise doit pouvoir supporter les appareils branchés en respectant la puissance maximale indiquée. Les multiprises ne sont que des solutions d’appoint, jamais pérennes.

  • Multiprises et rallonges doivent porter le marquage NF ou CE; refuser tout modèle sans certification.
  • Pour les gros appareils (chauffage d’appoint, réfrigérateur, machine à laver) : branchement direct murale obligatoire.
  • Si le tableau électrique est ancien (avant 1991) : faites contrôler l’installation par un professionnel agréé – dans le 13, de nombreux appartements anciens sont sous-dotés en prises murales.
  • En cas de doute (disjoncteur qui saute souvent, odeur, chaleur) : coupez le courant, isolez la zone, et appelez un électricien – ou les pompiers si une fumée se dégage ou un feu est en cours.

Que faire si le feu démarre ? : Évacuer immédiatement, fermer la porte derrière soi pour confiner la fumée, prévenir les pompiers (18 ou 112) en donnant son adresse et la nature de l’incident, sans jamais tenter d’éteindre de l’électricité sous tension avec de l’eau.

Déclic prévention : se projeter dans la bonne pratique

« Jusqu’à l’année dernière, je laissais mes chargeurs branchés en permanence derrière un meuble. Un matin, je suis entré dans un nuage de fumée : un câble avait chauffé toute la nuit. J’ai eu de la chance, les pompiers sont arrivés avant que ça ne se propage. Maintenant, je ne laisse plus rien branché inutilement, et j’ai acheté des multiprises à sécurité enfant. » (Témoignage recueilli à Aix-en-Provence, locataire).

Ce réflexe paraît évident, et pourtant, dans la précipitation du quotidien ou la recherche de confort, on le néglige. Installer des multiprises à bascule/interrupteur, adopter une routine de débranchement, choisir des modèles agréés… Ce sont des gestes simples, peu coûteux, et qui sauvent.

Chiffres-clés et tendance : les incendies domestiques électriques dans le temps

Année Nombre d’incendies électriques (France) % dus aux multiprises/rallonges Source
201840 00018 %ONSE
201943 00019 %ONSE
202246 50019,5 %ONSE
202347 800~20 %SDIS 13 / ONSE

Bien que la sensibilisation progresse, le recours systématique à des équipements multiples dans des logements parfois inadaptés laisse la porte ouverte à un nombre stable de sinistres. L’hiver et l’été sont les périodes les plus critiques, respectivement à cause des chauffages d’appoint et des dispositifs de climatisation.

Pour aller plus loin : ressources locales et conseils pratiques

  • Inspection gratuite par le SDIS 13 : en certains quartiers sensibles, des campagnes d’information avec visite de logement sont proposées (voir SDIS 13).
  • Guide de prévention incendie domestique (téléchargeable sur le site de la MAIF ou de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France).
  • Signalement d’installation dangereuse : Pour tout locataire, contacter le syndic ou le propriétaire si une prise est endommagée ou une installation douteuse est découverte.
  • Formation premiers gestes en cas d’incendie : Les pompiers proposent régulièrement des sessions dans plusieurs communes, avec démonstration d’extincteurs et rappel des numéros d’urgence.

Changer la routine, renforcer la sécurité : leva de citoyen et force collective

La prévention, ce n’est pas juste une affaire d’experts ou de pompiers : c’est l’affaire de tous. Un appartement sécurisé, c’est souvent l’œuvre de petits gestes répétés chaque jour, et d’une attention partagée dans l’immeuble. Parler de ses bonnes pratiques à ses voisins, signaler un risque, demander un avis professionnel en cas de doute… autant de réflexes à adopter pour éviter le pire et faire reculer un risque encore sous-estimé. Dans les Bouches-du-Rhône, comme ailleurs, la meilleure réponse à l’incendie reste l’anticipation – et l’engagement citoyen.

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