Top 3 des interventions sur l’A7 et l’A55 : analyse et récits
Les chiffres ne mentent pas, mais ils ne disent jamais tout. Sur l’A7 et l’A55, trois types d’interventions phares émergent nettement :
- Accidents de la circulation (véhicules légers, poids lourds, motos)
- Incendies divers (végétation en bordure, véhicules en feu)
- Secours à personne sans accident (malaises, tentatives de suicide, situations inhabituelles nécessitant l’intervention des secours)
Chaque situation possède ses spécificités, tant du point de vue du danger que des moyens engagés.
1. Accidents de la circulation : premiers sur la liste
Chiffres à l’appui : Sur l’A7 entre Salon-de-Provence et Marseille, le SDIS 13 intervient en moyenne 500 à 600 fois par an pour des accidents de la route, selon les rapports annuels 2021-2023. Sur l’A55, sur un linéaire plus court mais dans une zone à forte densité, c’est entre 250 et 300 interventions de type « accident de circulation » recensées sur la même période (source : SDIS 13, rapport d’activité 2023, SDIS13.fr).
Sur le terrain :
- L’accident « type » : Aux heures de pointe, un ralentissement mal anticipé à la sortie de l’Estaque (A55) ou avant la jonction avec l’A51 (A7), un véhicule percute l’arrière d’un autre. En quelques minutes, le coup de fil parvient au 18 : choc, sièges décochés, enfants apeurés, circulation bloquée sur 4 km. Les équipes du VSAV (Véhicule de Secours et d’Assistance aux Victimes) arrivent en général en moins de 15 minutes, balisent, extraient les blessés légers ou graves, puis appellent le chef d’agrès si désincarcération nécessaire.
- Le poids lourd en travers : Ce sont les interventions les plus longues : hydrocarbures sur la chaussée, plusieurs véhicules imbriqués, circulation coupée pendant plusieurs heures. Témoignage d’un officier (témoignage recueilli en 2022) : « Le plus impressionnant, ce n’est pas toujours l’état des véhicules, c’est la panique dans les regards. On sait qu’il va falloir faire vite, mais aussi parler, rassurer, organiser sous stress. »
À savoir :
Les accidents sur autoroute sont souvent plus graves qu’en ville : la vitesse élevée, les files de circulation denses, la présence de poids lourds, multiplient le risque de blessures multiples (polytraumatismes), d’incendies secondaires, et d’accidents en chaîne. Les pompiers travaillent en étroite coordination avec les patrouilleurs APRR, Vinci et la gendarmerie.
2. Incendies de véhicules et de végétation : un risque périurbain majeur
Les statistiques : Sur l’A7, plus de 80 incendies de véhicules ont été signalés en 2023, contre environ 30 sur l’A55, selon les chiffres croisés du SDIS 13 et de Vinci Autoroutes (Vinci Autoroutes). À cela s’ajoutent une cinquantaine de départs de feu de végétation chaque été, principalement localisés entre Septèmes-les-Vallons, Lançon-Provence et Berre-l’Étang.
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Scénario fréquent : Un véhicule ancien (diesel ou utilitaire) commence à fumer sur la bande d’arrêt d’urgence, un feu se déclare dans le compartiment moteur. Les usagers appellent illico, le vent attise les flammes, les broussailles sèches en bordure s’embrasent. Une simple panne peut vite basculer en évacuation de grande ampleur.
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Exemple marquant : Le 26 juillet 2022, un incendie parti d’un véhicule sur l’A7 a mobilisé plus de 40 pompiers et paralysé la circulation pendant plus de 3 h, la fumée se propageant rapidement vers des champs voisins (source : France 3 Provence-Alpes).
Risques spécifiques : La proximité de zones naturelles fragiles (collines des Pennes-Mirabeau, étang de Berre, massif de l’Estaque), combinée à la sécheresse et au mistral, explique la fréquence de ce type d’interventions, surtout l’été. Un quart des feux de véhicules aboutissent à des départs de feu de végétation sur ces deux axes.
3. Secours à personne et interventions « hors norme »
Ces interventions représentent en moyenne 15 % du total sur l’A7 et A55. Elles vont du malaise simple (chauffeur qui s’arrête sur la bande d’arrêt d’urgence) à la tentative de suicide, en passant par les situations d’errance ou de vulnérabilité (personnes âgées perdues lors de trajets, enfants désorientés, piétons sur autoroute).
Exemple vécu : Un après-midi d’août 2023, un enfant d’à peine 10 ans est retrouvé apeuré sur l’aire de Lançon, après une dispute familiale. L’appel des usagers a permis une intervention rapide et sans drame : « On ne s’attend pas à tomber sur un enfant perdu au bord de l’A7. Ce jour-là, c’était la peur, mais aussi le soulagement d’arriver à temps » (témoignage d’une équipière VSAV).
Parmi ces missions « hors accident classique », il faut également compter les évacuations sanitaires lors de conditions climatiques extrêmes (coup de chaud, hydrocution, insuffisance respiratoire en période de pollution), et quelques cas rares de naissance inopinée sur la route – l’autoroute reste le miroir des urgences humaines.