Le vécu des pompiers : quand chaque étage change la donne
Dans la peau d’un pompier, l’arrivée sur un feu d’immeuble est une course contre la montre. Chaque étage à gravir, c’est un palier supplémentaire de risques. Le matériel (appareils respiratoires isolants, lances à eau) est lourd, la visibilité nulle. Ce que l’on cherche, c’est le cri, la main au balcon, le signe derrière une fenêtre. Plus de la moitié des interventions d’évacuation en immeuble à Marseille aboutissent à des mises en sécurité par échelle aérienne ou grande échelle (SDIS 13), surtout dans les arrondissements du centre où les cages d’escalier se transforment vite en cheminée verticale pour les fumées.
Une anecdote : intervention dans un immeuble du Panier, hiver 2020. Appel pour « fumée dans la cage ». Sur place, l’odeur âcre, la tension palpable. Un résident tente une sortie, il rebrousse chemin. Conseils criés à la porte : « Mettez un torchon mouillé, attendez qu’on vienne vous chercher ! » Ce soir-là, la discipline collective a limité le bilan à deux malaises, sans perte humaine.