Accidents de la route dans les Bouches-du-Rhône : 5 pièges à éviter pour mieux réagir
Erreur classique : Se précipiter sur le lieu de l’accident sans regarder autour de soi.
Chaque été, les pompiers du département reçoivent plusieurs centaines d’appels pour des départs de feu aux abords des massifs. Impossible d’y échapper, la Provence vit avec le risque incendie. Nous avons tous en mémoire ce jour de juillet 2016, où le feu a parcouru des kilomètres entre Velaux et Rognac, détruisant près de 3000 hectares (source : Préfecture des Bouches-du-Rhône). Mais ce que l’on sait moins : sur chaque sinistre, l’état du débroussaillage des terrains a un impact capital.
Jean, pompier dans un centre de secours près d’Aix, se rappelle une intervention « où on a vraiment senti la différence : deux maisons voisines, l’une encerclée d’herbes hautes, l’autre bien débroussaillée. La première : évacuation en urgence, perte presque totale. La seconde : feu stoppé à 10 mètres. »
Cette prévention fondamentale s’appelle le débroussaillage, ou DFCI — Défense de la Forêt Contre les Incendies. Une obligation légale, mais souvent mal connue des propriétaires. Voici ce qu’il faut en retenir, des textes officiels aux retours du terrain, pour mieux protéger vos biens et (surtout) vos vies.
En France, 40 % des surfaces brûlées chaque année concernent la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (source : ONF). Dans les Bouches-du-Rhône, selon le Sdis13, entre 400 et 800 hectares brûlent chaque été, et les chiffres repartent à la hausse depuis 2020, notamment en raison de la sécheresse et du Mistral.
Le débroussaillage, ce n’est donc pas une simple précaution esthétique : c’est le moyen le plus rapide, le moins coûteux aussi, de diminuer la gravité des incendies et de faciliter l’intervention des secours. Et sur ce point, la loi est très claire.
Le Code forestier (articles L131-10 à L134-19), renforcé par les arrêtés préfectoraux locaux, impose à tout propriétaire ou occupant de débroussailler leurs terrains situés :
| Type de bien | Zone à débroussailler | Particularités |
|---|---|---|
| Maison individuelle | Rayon de 50 mètres autour des bâtiments | Que l’emprise déborde sur un terrain voisin ou non |
| Lotissement | Toute la parcelle + 50 mètres autour | Responsabilité partagée pour les espaces communs |
| Terrain nu | Toute la surface + 50 mètres en périphérie | / |
(Source : Préfecture des Bouches-du-Rhône)
Un point d’alerte : si la zone de 50 mètres mord sur la propriété voisine, l’obligation vous incombe… il faut donc en discuter avec le(s) voisin(s) concerné(s) et, en cas de refus, solliciter la mairie.
Sur le terrain, les contrôles se multiplient en fin de printemps, et de nombreux PV sont dressés chaque année pour manquement à cette obligation. Pour rappel, l’amende peut aller jusqu’à 1 500 € et la commune peut faire réaliser les travaux d’office (à vos frais).
À Gréasque, en mai 2023, une équipe municipale accompagnée de deux pompiers a contrôlé 25 maisons. « Sur 3 terrains, le débroussaillage n’était pas conforme. À chaque fois, des tas de branches entassés sous les pins ou trop de végétaux collés à l’habitation », résume Christine, élue locale. Les propriétaires ont dû refaire les travaux en urgence, sous peine de sanction.
| À faire | À éviter absolument |
|---|---|
| Tondre régulièrement | Laisser des tas de coupe ou des déchets végétaux sur place |
| Élaguer les arbres près des maisons | Conserver haies, thuyas et conifères collés aux murs |
| Prévoir un accès pour les secours | Barrer ou encombrer le portail d’entrée |
| Exporter les résidus loin de la zone boisée | Brûler ses déchets verts sans autorisation |
Lors d’une intervention en août à Trets, au pied de la Sainte-Victoire, la lisière débroussaillée d’une propriété a permis à la première équipe d’éteindre les flammes en moins de 20 minutes. À l’inverse, un terrain laissé en friche quelques centaines de mètres plus loin a servi de « chemin de combustible », permettant au feu de sauter la route et de menacer une ferme. Impossible, ensuite, de passer les camions faute d'accès… et là, plus rien n’arrête les flammes.
Le témoignage revient souvent chez les pompiers : « Les maisons protégées, c’est celles où le feu s’arrête parce qu’il n’a plus rien à manger ». La statistique est parlante : lors de l’incendie de Martigues en 2020, 70 % des habitations bien débroussaillées ont été épargnées contre seulement 20 % de celles qui ne l’étaient pas (source : France Bleu Provence).
Dans tous les cas, le maire peut ordonner les travaux et engager la responsabilité de chacun. En cas de sinistre, les assurances peuvent aussi réduire ou refuser l’indemnisation si la preuve d’un mauvais entretien est apportée.
Débroussailler, c’est bien plus que respecter la loi. C’est aussi affirmer une forme de solidarité concrète envers vos voisins, vos proches, et ceux qui chaque été montent dans un fourgon pour défendre nos paysages, nos mas, nos souvenirs communs. La prévention est l’affaire de tous : sur le terrain, chaque geste compte.
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