18 ou extincteur ? Savoir réagir face à un feu domestique dans le 13

25 mars 2026

Situation Critère clé Décision préconisée
Départ de feu maîtrisable (petit foyer, matériel adapté à portée) Feu localisé, pas de fumée envahissante, extincteur ou couverture à proximité, Evacuation facile Peut être tenté d’éteindre le feu avec prudence. Rester prêt à appeler le 18 si échec.
Feu qui se propage (rideaux, cuisine, plancher, électricité...) Fumée importante, flammes vives, propagation rapide, enfants/animaux présents, difficulté à sortir Evacuatez immédiatement et appelez le 18, même si le doute persiste.
Doute, panique ou inconnu sur nature du feu Effluves toxiques, bruit de crépitement, flamme inattendue ou comportement inhabituel du feu Appelez le 18 sans hésiter. Ne prenez pas de risques inutiles.
Victime(s) blessée(s) ou coincée(s) Personne incapable de sortir sans aide ou pathologies aggravant le risque Priorité à l’appel des secours avant toute intervention d’extinction.

Les départs de feu domestiques font plus de 1 000 interventions annuelles pour les pompiers des Bouches-du-Rhône, souvent liés à des gestes inadaptés face à l’incendie. Savoir quand appeler le 18 n’est pas une question de bravoure mais d’analyse rapide du danger. Les bons réflexes sauvent des vies et limitent la casse, tandis qu'une intervention hasardeuse alourdit le bilan. Prévenir, alerter efficacement, puis protéger sa vie doivent guider chaque décision.

18 ou extincteur ? Le premier choix, c’est la vie

Au fil de nos rencontres, dans les villes ou dans l’arrière-pays, une constante ressort : lorsqu’un feu se déclare, la frontière entre le courage et l’imprudence est mince. Vouloir sauver sa maison, son chat, ses souvenirs, c’est humain. Mais chaque année, des victimes sont intoxiquées ou gravement brûlées après avoir sous-estimé le danger.

  • Un feu domestique double de volume toutes les 30 secondes.
  • La fumée tue plus rapidement que la flamme. Les situations mortelles sont souvent liées à l’inhalation de fumées toxiques, en particulier dans les habitations anciennes ou mal ventilées (INRS).
  • Réagir à temps sauve des vies, pas le contraire.

Dans la peau d’un pompier : un appel sur trois ne devait jamais tenter d’éteindre

Un ancien collègue raconte : “Quartier de la Belle de Mai, 5h30. Appel pour ‘début de feu dans cuisine’. En arrivant, deux voisins tentent d’ouvrir la porte d’un appartement noyé de fumée. A l’intérieur, la locataire a voulu jeter un seau d’eau sur une friteuse en feu. Résultat : explosion de flammes et trois brûlés. Ce cas, c’est notre quotidien.”

Une étude interne, menée en 2022 par le SDIS13 sur les feux domestiques dans le département, révèle que dans 32% des cas, les victimes avaient tenté d’intervenir elles-mêmes avant d’alerter les secours. Parmi eux : brûlures, pertes de connaissance, et propagation plus rapide de l’incendie (source : Rapport annuel SDIS 13).

Quand appeler sans hésitation : la liste essentielle

  • Épaisse fumée dans la pièce ou dans la cage d’escalier : La visibilité baisse très vite, l'air devient irrespirable. L’appel doit être immédiat.
  • Feu impossible à circonscrire avec un extincteur portable (1 à 2 kg) : Si une ou deux pressions ne suffisent pas, n’insistez pas.
  • Présence de produits toxiques, électriques, gaz : Jamais d’eau sur une friteuse, un appareil branché, ou un compteur électrique touché.
  • Plusieurs foyers se développent ou risque de propagation à l’étage/appartement voisin : La rapidité d’évolution est trompeuse !
  • Vous ne parvenez pas à localiser précisément le foyer : Dans les cloisons ou sous les planchers, la chaleur peut décupler le risque.
  • Personne coincée/inconsciente/blessée ou à mobilité réduite : L'appel prime sur toute tentative de sauvetage non professionnelle.
  • Vous ressentez un doute ou un stress paralysant : Mieux vaut appeler “pour rien” que regretter un geste hasardeux.

Le réflexe à adopter : Alerter vite, intervenir si (et seulement si) :

  • Le feu est très localisé (petite poubelle, début de plaque, micro-onde isolé),
  • Vous avez l’équipement à portée (couverture anti-feu, extincteur adapté, eau pour un feu d’origine organique et non électrique/graisse),
  • La sortie est libre et accessible à tout moment,
  • Pas d’enfants, de personnes âgées ou de voisins dépendants à sauver,
  • Vous connaissez la marche à suivre !

Exemple réel : à Gardanne, 2023, un feu de bougie tombe sur une nappe, rapidement maîtrisé avec une couverture anti-feu rangée à portée immédiate, personne n’a pris de risque inutile, le 18 a tout de même été prévenu par précaution pour vérifier la ventilation des lieux. Résultat : aucune victime, intervention modérée et rassurante.

Prendre la mesure du feu : repères concrets du quotidien

Les pompiers du 13 interviennent en moyenne en moins de 12 minutes sur un feu domestique à Marseille, Aubagne, Istres (source : SDIS 13). Ce laps de temps paraît court… mais c’est une éternité lorsque la fumée gagne tout l’appartement.

  • Un feu de friteuse : Jamais d’eau (!), couvercle ou couverture, si la flamme dépasse le plan de travail, évacuez et alertez.
  • Foyer électrique : Disjoncter si possible puis quitter les lieux et appeler ; un feu d'origine électrique peut générer des arcs et des gaz mortels (source : INRS).
  • Poubelle, chiffons, chargeurs/ordinateurs : Si le foyer embrase un rideau ou enflamme du mobilier, ne perdez pas de temps : 18, évacuation.

Un chiffre : 70% des feux nocturnes se soldent par une intoxication avant intervention des secours. Rester sûr de l’évacuation et de l’appel, c’est souvent tout ce qui compte au cœur de la nuit.

Entendre la voix des pompiers : courage ou erreur ?

Les témoignages sont toujours les mêmes : “Il nous arrive de trouver l’habitant évanoui sur le palier, extincteur renversé, parce qu’il a voulu gagner quelques minutes. La première barrière d’un pompier c’est la porte : elle protège le reste de l’immeuble. Les consignes, c’est toujours : ‘Fermez derrière vous, alertez, guidez-nous et ne revenez jamais en arrière sans équipement adapté.’”

Les jours de grand mistral, au plus fort de l’été, une simple fenêtre ouverte lors d’un départ de feu domestique a déjà propagé l’incendie à trois appartements voisins à Salon-de-Provence, trois semaines avant les grands feux de pinède… (La Provence).

Procédures d’alerte : ce que les opérateurs attendent à l’autre bout du fil

  • L’adresse précise (nom, étage, porte…)
  • La nature du feu (origine connue ? flamme, fumée, explosion ?)
  • S’il existe des blessés, des enfants ou des personnes à mobilité réduite présentes
  • Votre position par rapport au foyer (à l’intérieur, sur le balcon, à l’extérieur…)

L’opérateur du 18 saura vous guider pas à pas, vous indiquer de sortir, d’ouvrir ou de fermer telle porte, il peut même déclencher à distance d’autres secours si besoin. Rester clair, répondre vite, et faire confiance à l’expérience du centre de traitement de l’alerte.

Dompter la peur et la routine : l’arme de la prévention au quotidien

0,2% seulement des foyers sont équipés d’une couverture anti-feu dans le 13 (La Provence). L’information et l’équipement approprié sauvent incontestablement plus de vies que le réflexe “héros improvisé”. Vérifiez vos détecteurs de fumée, repérez vos extincteurs, sensibilisez vos proches, surtout les plus jeunes et les plus vulnérables.

  • Placez des consignes d’évacuation simples et visibles (chambre, cuisine).
  • Testez votre détecteur tous les mois.
  • Expliquez à chacun comment alerter et pourquoi il est crucial d’appeler tôt.

Et rappelez-vous, au-delà de la sécurité individuelle, chaque alerte bien ciblée libère des ressources pour d’autres interventions – feux de forêt, accidents majeurs… L’autodiscipline collective protège tout le territoire.

Plus de questions ? Guides, formations, ressources pour aller plus loin

  • Visitez le site du SDIS 13 pour les consignes officielles et la cartographie des risques.
  • Découvrez les fiches pratiques de Gouvernement.fr risques sur la prévention incendie chez soi.
  • Participez (gratuitement) aux sessions de prévention dans les centres de secours du département (infos via les mairies ou les pompiers).

Alerter le 18 n’est jamais un tort lorsque le doute subsiste. Chaque minute compte. Mieux vaut une fausse alerte qu’un drame évitable. Le meilleur geste, c’est celui qui évite la surenchère : laisser aux pompiers la gestion du feu quand il devient imprévisible, s’équiper pour les petits incidents, s’éduquer, et transmettre ces réflexes à son entourage. Parce qu’une Provence prévenue est une Provence protégée.

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