Réagir vite face à un départ de feu en forêt : les bons réflexes dans les Bouches-du-Rhône

Prévention et secours, un engagement pour tous

Pourquoi agir vite ? La réalité des incendies de forêt dans les Bouches-du-Rhône

Le département des Bouches-du-Rhône est l’un des plus touchés de France par les feux de forêt. Entre chantiers périurbains, massifs boisés et zones ventées, tout concours à faire de la région une terre à haut risque, en particulier l’été. Rien qu’en 2022, le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS 13) a recensé plus de 400 départs de feux de végétation (source : SDIS13 / France Bleu Provence).

Cette fréquence, ce n’est pas une fatalité. Au contraire, 9 feux de forêt sur 10 sont d’origine humaine et donc évitables (Ministère de la Transition écologique). Mais dès que la première fumée apparaît, chaque minute compte. Selon les pompiers du département, un départ de feu qui n’est pas signalé ou maîtrisé dans ses toutes premières minutes peut rapidement devenir incontrôlable, surtout quand le mistral souffle.

Sur le terrain : à quoi ressemble un départ de feu en Provence ?

« On patrouillait en lisière du massif de la Nerthe. Les premiers crépitements venaient de la pinède, à peine visibles. En moins de cinq minutes, la fumée s’est épaissie, le vent s’est levé et les flammes ont pris l’arbre voisin. Si personne ne nous avait alertés tout de suite, on aurait parlé, le soir même, d’un “incendie majeur” dans les journaux locaux. »

Ce témoignage d’un pompier d’Aix-en-Provence, recueilli en juillet 2023, résume la réalité : tout va très vite. Le temps de réflexion doit être réduit au minimum pour privilégier l’action et la transmission d’informations claires.

Première étape essentielle : donner l’alerte immédiatement

Comment (bien) alerter les secours ?

Une alerte bien donnée, c’est un gain de temps crucial pour les pompiers. Les rapports d’intervention du SDIS13 font état d’alertes tardives ou mal localisées, qui retardent l’arrivée des premiers moyens et aggravent la situation.

Sécurisez votre position et pensez à votre sécurité avant tout

Le réflexe premier, pour beaucoup, est de vouloir agir. Mais la réalité du terrain est claire : un départ de feu en forêt peut vite devenir piégeant. Les pompiers professionnels parlent souvent de la « double peine » : des victimes blessées lors d’une tentative d’extinction improvisée, qui deviennent elles-mêmes des urgences supplémentaires.

De nombreux drames ont été évités dans les Alpilles ou le massif de la Sainte-Victoire grâce à des gens qui, avant tout, ont pensé à se mettre en sécurité, puis à aider d’autres personnes éloignées du danger.

Que pouvez-vous faire concrètement face au départ de feu (si aucun danger immédiat) ?

Intervenir sur un feu naissant, dans certaines conditions, peut s’avérer utile. Mais il faut être lucide sur ses capacités et avoir conscience de la rapidité du phénomène. Le SDIS 13 recommande officiellement :

En cas de doute, évitez tout geste d’extinction mal maîtrisé. Présence de vent fort, végétation dense et relief accidenté sont autant de facteurs qui doivent vous dissuader d’agir seul ou à la légère.

Les pièges classiques : ce qu’il ne faut jamais faire

L’importance cruciale de la prévention individuelle et collective

Si la grande majorité des départs de feu sont évitables, c’est parce que la prévention commence avant tout par des habitudes à prendre – et parfois, à transmettre autour de soi.

Tableau synthétique : principales causes d’incendie et gestes de prévention

Cause Gestes à adopter Statistiques (Bouches-du-Rhône)
Cigarette jetée Ne jamais fumer en forêt ni jeter de mégot. Environ 15% des départs de feu (source : SDIS13)
Travaux (débroussaillement, outils) Éviter tout travail source d’étincelles pendant les journées à fort risque, équipez-vous d’un extincteur. Près de 30% des départs l’été
Déchets brûlés, feux de camp sauvages Aucune flamme à l’air libre. Utiliser la déchetterie. 10% des sinistres estivaux
Défaut d’entretien des abords Débroussailler 50 mètres autour des bâtiments en zone à risque. Aggravation et propagation rapide en cas d'incendie

Témoignages : quand la vigilance d’un promeneur a tout changé

Printemps 2022, près de Roquefort-la-Bédoule, un feu de broussailles débute dans une zone très fréquentée de randonneurs. Un promeneur, bien informé des bons réflexes, alerte immédiatement les pompiers, précise l’accès en donnant la balise GPS de son téléphone, dirige un groupe de randonneurs en dehors du secteur, puis reste en contact avec les secours pour les guider à l’arrivée. À l’arrivée des engins, l’incendie débutant est stoppé sur seulement 50 m², alors que le mistral pointait. Le même été, d’autres départs, moins bien signalés, ont donné des centaines d’hectares partis en fumée.

« Sans cet appel rapide, on aurait sans doute été dans la lutte aérienne en fin d’après-midi — là, on a éteint avec deux équipes au sol. Les bonnes pratiques, ça change tout », note un chef d’agrès du SDIS 13, joint par nos soins.

Ce qu’il faut retenir pour agir face à un feu de forêt dans les Bouches-du-Rhône

Les incendies de forêt ne sont pas une fatalité dans les Bouches-du-Rhône : ce sont souvent des histoires de comportements, de réflexes et de solidarité citoyenne. Si chaque riverain, chaque promeneur, chaque acteur local adopte ces automatismes, c’est toute la Provence qui y gagne. La forêt appartient à tous, sa protection aussi.

Pour aller plus loin :

En savoir plus à ce sujet :